éditorial de La RP n°812 (mars 2021):
Il y a cent cinquante ans, dans la faim et la misère augmentées par le Siège de Paris, nos Anciens surent réagir promptement aux provocations d’une Assemblée monarchiste, proclamer la démocratie directe, la liberté de la presse et la séparation des eglises et de l’état, avant d’être victimes d’une répression inouïe relevant de la sauvagerie. Depuis, le mouvement ouvrier, toutes tendances confondues, a toujours célébré avec respect et admiration la Commune de Paris. Nous consacrons évidemment quelques pages de ce numéro à cet anniversaire qui ne sauraient être un hommage formel au passé, mais une invitation à revisiter nos principes fondamentaux d’émancipation sociale.
Après un an de pandémie, on ne compte plus les milliards dépensés par l’Etat pour aider les « entreprises » mais on attend toujours un moratoire des loyers et dettes privées des plus précaires, notamment les étudiants et chômeurs, ou une reconnaissance de la Covid comme maladie professionnelle pour les travailleuses et travailleurs en « présentiel », notamment face au public (caissières, hospitaliers, enseignants…). Pendant combien de décennies avons-nous entendu que la dette était trop lourde, qu’il était hors de question de l’augmenter ? C’était la ritournelle justifiant la casse des services publics. Si nos gouvernants et le patronat ont changé de musique, ce n’est qu’à leur profit exclusif. La pauvreté reste et restera l’angle mort de leur doctrine « sauvons l’économie ».
Le 14 février nous avons soutenu le rassemblement organisé par le Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes pour le 15e anniversaire de l’assassinat d’Ilan Halimi. Une remontée décomplexée de l’antisémitisme ne saurait être sujette à banalisation ou déni, a fortiori au sein du mouvement social. Nous continuerons d’encourager les initiatives antiracistes unitaires comme celle-ci.
Nous sommes de celles et ceux qui avons une mémoire. Nous connaissons les égouts du passé, ses éclairs d’espoirs déçus aussi, nous voyons le marasme du présent, nous portons une volonté pour demain qui n’est pas nouvelle et que nous faisons vivre dans nos luttes quotidiennes.
S.J.



